La ferme du vinage, ou une autre façon de voir la ferme pédagogique

Accompagnement à la commercialisation en territoire rural

La ferme du vinage, ou une autre façon de voir la ferme pédagogique

De passage dans le Nord, terres familiales, pendant mes congés, je ne peux résister à l’appel d’aller visiter une ferme ouverte au grand public avec les enfants.

Me voici donc aux portes de la Ferme du Vinage, à Roncq, en bordure de cette énorme métropole lilloise. Un œil sur mon fils qui digne de son père court vers tout animal qui se profile devant lui. L’autre œil qui sera forcément plus porté sur l’observation et l’analyse de l’accueil à la ferme.

Premier point positif, le site est d’une propreté exemplaire. Bon, c’est une entreprise agricole, soyons francs, ce n’est pas propre au point de manger par terre, mais rien ne traine sur les abords de la ferme, les allées sont impeccables, les outils sont rangés, des parkings sont aménagés, les bâtiments sont bien entretenus. Il n’y a pas vraiment de panneaux, mais sans être accompagnés, on sait où aller, c’est intuitif. On sent tout de suite que c’est du sérieux.

Deuxième satisfaction, c’est qu’ici, on n’est pas dans une ferme qui a été créée pour être avant tout pédagogique, avec moult espèces d’animaux mais pas forcément la pertinence d’un aspect financier lié à une production agricole. Non, ici, c’est d’abord une entreprise gérée pour générer du profit à partir de produits agricoles, la partie accueil se sert du support mais n’est pas forcément la finalité. Les serres et parcelles fourragères sont sur la gauche du parking, on y voit des dos dépasser, la récolte est en cours. De l’autre côté, la partie élevage bovin, production laitière, et au vu des bâtiments, c’est du sérieux. Le troupeau de 70 vaches rouge des flandres et holstein et leur suite est élevé dans des bâtiments à logettes avec une couche de paille à faire baver les éleveurs de zones moins favorables aux céréales qu’ici…

Le nouveau bâtiment (2001) en bois est orienté autour du bien-être animal, on le voit tout de suite, les vaches sont propres, calmes, elles vont fréquemment à la brosse rotative. Que du bonheur pour elles et les visiteurs qui prennent plaisir à les observer. Ma belle sœur m’indique qu’on peut aller voir la traite, je suis sceptique, il est 11h00. Surprise ! C’est un robot automate de traite. Au départ je trouve cela un peu incongru, car la traite par le robot est beaucoup moins bucolique que celle par les exploitants. Mais les panneaux explicatifs autour de la baie vitrée dans une salle spécialement aménagée pour recevoir les visiteurs permettent de bien observer la vache en traite et de se nourrir en informations. Je n’y avais jamais vraiment pensé, mais c’est une bonne idée, ça laisse du temps aux exploitants pour faire toutes les autres tâches, et les visiteurs peuvent voir la traite à n’importe quelle heure. On voit bien le lait couler dans les tuyaux ! Ça donne une bonne idée aussi de la modernité que l’on peut rencontrer en élevage aujourd’hui.

Bonheur des enfants, un vieux Massey trône dans la cour, à l’ombre des saules. Après avoir vu vaches, veaux, mais aussi une basse cour riche en lapins et volailles (venus d’autres exploitations partenaires) et joué dans une piscine de paille avec des toboggans, ils peuvent donc s’éclater à “faire vroom vroom comme un fermier” (dixit mon neveu). A tel point que ce dernier y a tout de même passé une demi heure.

De quoi largement laisser le temps aux parents d’aller profiter de la vraie raison de tout cet accueil à la ferme : le magasin de produits fermiers. Ici encore, c’est pas de la rigolade. Des banques de froids d’une quinzaine de mètres linéaires accueillent viande, charcuteries et fromages de la ferme. Au centre de la pièce, des caisses en bois débordent de légumes cueillis le matin même sur les parcelles maraichères de la ferme. En face de tout ça, les produits d’autres agriculteurs et artisans occupent de belles étagères faites sur mesure. Produits complémentaires et autres friandises locales font saliver le chaland… On retrouve tous les marqueurs de réussite : paniers gourmands, diversité des produits, une implantation cohérente et agréable, une ambiance adaptée, la complémentarité de l’offre, le sourire et professionnalisme des vendeurs, et j’en oublie… Les exploitants passent souvent dans le magasin, entre deux activités pour rencontrer les clients.

Et s’il y a la queue dans la boutique, on peut aller observer les fromagers au travail car leur atelier est entouré de grandes baies vitrées. Leur sourire est à la hauteur de leur dextérité au travail, ils sont heureux de travailler et de se faire observer dans leur travail. C’est parfait.

L’entreprise a su diversifier ses activités d’accueil et propose diverses animations, dont des anniversaires à la ferme les mercredi et samedi. Il parait que ça ne désemplit pas. Mais on retrouve aussi les fameuses cueillettes, qui permettent à ceux qui n’ont pas de jardin potager (ou pas le temps d’en faire un) de goûter aux plaisirs multi-sensoriels d’un plat fait à partir de légumes et fruits récoltés de leurs propres mains. Géraldine encadre les cueillettes et délivre toutes les informations, pour pousser l’expérience.

C’est une histoire de famille depuis 9 générations qui ont su évoluer et ne pas rester dans des schémas d’un autre temps, c’est une histoire d’engagement vers une agriculture responsable, c’est une histoire d’une belle expérience offerte au client, c’est une histoire de bonnes idées mises en œuvre pour le plus grand plaisir des visiteurs. De mon point de vue, je trouve que c’est une belle réussite. Un bel exemple à suivre.

Je vous conseille tous d’aller jeter un coup d’œil.
Pour plus d’infos : http://fermeduvinage.fr/

Crédit photos : La Ferme du Vinage (j’étais trop occupé à courir après mon fils pour en prendre…)

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