De la pâté bio pour mon chien ? Miam !

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De la pâté bio pour mon chien ? Miam !

Oui, la viande « bio » pour chiens existe. C’est même plus qu’une anecdote. Et sur le plan marketing des produits alimentaires, c’est bien intéressant à explorer. On y va ?

Tout commence un jour de printemps au supermarché

Alors que j’étais au téléphone avec un de mes clients (qui a ainsi profité de la musique d’ambiance comme fond de notre conversation), je passe distraitement devant une tête de gondole. Et là, surprise, quelques canettes de viande bio pour chien de la marque MDD y sont présentées entre autres produits haut de gamme. Il y a même le label AB bien en évidence.

Interloqué, je prends une photo, petit réflexe pour analyse ultérieure.

La preuve en image : terrine bio au bœuf et au poulet, il y a même le choix !

Sur la route du retour, et on sait qu’en Lozère, elles ne durent pas que 5 minutes, j’y réfléchis. Qui peut donc bien avoir envie de donner à son chien de la viande bio ? Franchement, je suis un maître de chien déjà bien un peu prône à mettre de la qualité dans la gamelle, pour assurer une bonne croissance, un bon développement et un bel état général à mon ami canin. Mais de là à donner du bio…

Les attentes du chien…
Et celles de celui qui achète les aliments

Je pense donc à tout ce que ma chienne mange dans la journée : des divers os et restes de nourriture qui trainent dans mon hameau du fait des voisins peu consciencieux de leur gestion des déchets organiques, aux trophées variés ramenés de nos excursions (ça va de la corne de vache à la patte de biche – ne me demandez pas où elle les trouve, elle ressort juste d’un fourré avec son nouveau trésor). Elle n’a donc peu d’exigences elle-même. Les chiens ont de toute façon pendant quelques siècles été nourris avec les restes alimentaires de leur maitres, et ne s’en portaient pas trop mal.

Une corne, joyeux trophée ramené dans le jardin

Petit tour d’horizon des critères qui peuvent alors apparaitre comme importants chez l’un ou l’autre. Avec mon pied dans l’agricole et ses rations alimentaires, je pense tout de suite aux équilibres entre nutriments, glucides, protéines et lipides, ainsi qu’aux origines et présentations des matières premières (les plus pures possibles). Mais bon, ça c’est la base. Beaucoup de maitres font aujourd’hui attention à acheter des produits avec peu de farines de céréales (et autres), peu de sous-produits animaux (poils, ongles, …), de sucres rapides, de sel, d’arômes et de composants odoriférant artificiels.

L’anthropomorphisme au cœur des attentes

Vient alors une question de transfert de l’humain à l’animal. Extrapolons donc aux tendances actuelles.

Tout d’abord, les circuits courts, je ne dois pas être le seul à récupérer des os et des chutes chez mes bouchers. C’est plus dur si l’on part pour les aliments du quotidien, croquettes et pâtés.

Puis il y a forcément la question éthique, une extension type L214 et cruelty-free aux régimes des animaux de compagnie. Petite vérification, et oui, on peut acheter des aliments pour chien prônant le bien-être animal, du moins celui qui a été élevé pour être valorisé en nourriture. En fouillant même un peu, on retrouve même des aliments pour nos amis canins et félins sans gluten.

Les chats sont moins fan de la viande crue, on dirait… Eh oui, faut bosser !

C’est donc naturellement qu’un consommateur ayant opté pour le tout bio viendra à donner de l’aliment bio à ses animaux de compagnie. Et au moins, ça ne met pas l’animal en danger comme les végétariens qui ne leur donnent pas de viande. Vous avez déjà vu un loup ou un tigre manger un brocoli, vous ?

Finalement, ça n’est pas tant dénué de sens. Je ne peux pas dire le contraire, moi qui pousse mes clients à faire transparaitre leurs valeurs jusqu’au moindre recoin de leur activité. Et qui plus est, une alimentation certifiée est toujours par son cahier des charges restrictif un gage de qualité et donc de meilleure santé pour nos amis canins.

Une logique de filière

Mais finalement, la réponse m’est venue dans la dernière montée qui m’amène à la maison, quand je revoyais dans mon esprit un de mes clients découper le quartier arrière d’un de ses bœufs, et réserver les déchets variés dans un seau à destination de ses chiens.

Les aliments pour chiens sont une des pistes de valorisation des abats (poumons, cœur, appareil digestif, …) et autres parures, sous-produits de la découpe des carcasses.

C’est donc évident ! Quitte à disposer de ces sous-produits issus d’animaux issus d’élevage bio, autant les valoriser en bio eux aussi. C’est donc super facile de disposer du label AB.

Le distributeur néerlandais Vriesvoer ne s’embête même pas à le transformer, il offre l’abat légèrement broyé, sans autre transformation. On peut même le servir comme eux, sur une belle assiette de bois. Tant qu’à faire…

Du poumon de boeuf pour nos poilus ! (photo Vriesvoer)

Et quand le prix au consommateur va avec, c’est d’autant mieux ! Du moins pour le fabricant. Dans le meilleur des mondes, cette valorisation des sous produits se répercute dans le prix payé à l’éleveur. Mais ooooh, il ne faudrait pas pousser le bouchon (j’en entends grincer des dents).

La boucle est bouclée

Finalement, ces canettes de pâté pour chien bio ne sont pas si incongrues. On vient de prouver qu’il y avait une attente, sinon une demande des consommateurs et qui plus est que cela permettait de mieux valoriser l’animal.

La question du bio et de ce qu’il y a derrière est là aussi présente (Cf. le dernier cahier du Canard Enchainé « Tout n’est pas vert dans le bio ») et on remarque en cherchant un peu que certains artisans fabricant de l’aliment canin ont opté pour le label Demeter, encore plus restrictif. D’autres prônent l’aliment BARF (ouaf/wouf en anglais) : Biologically Appropriate Raw Food, nourriture crue biologiquement appropriée, qui ajoute la couche régime crudivore et paléo à l’origine de la viande.

Quand à moi, je regarderai mon sac de croquettes autrement.

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